La sous-traitance en informatique au gouvernement du Québec : Un véritable gaspillage de fonds publics!
2009-03-25
Québec, 25 mars 2009 – Hier, Denis Lessard, du journal La Presse, publiait un article révélant qu’après cinq ans de travaux, la firme LGS n’a pas encore livré le système informatique que lui a commandé la Commission administrative des régimes de retraite et d’assurances (CARRA). Le journaliste rapporte que des crédits supplémentaires de 21 millions de dollars ont été demandés au gouvernement par l’organisme, ce qui fait grimper la facture à 74 millions de dollars, alors que l’estimation initiale était de 30 millions. L’article révèle aussi que quelque 150 consultants en informatique travaillent en permanence au siège social de l’organisme et qu’il reste 98 bogues dans le travail livré jusqu’à maintenant, dont quatre majeurs.
« Comme beaucoup d’autres avant lui, ce cas démontre que la sous-traitance en informatique au gouvernement est un véritable gaspillage de fonds publics », affirme Gilles Dussault, président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ). Le gouvernement n’en démord toutefois pas. Sous prétexte que le développement informatique ne devrait pas faire partie des missions gouvernementales, il en confie la responsabilité à l’externe et continue de sabrer ses propres effectifs, notamment en ne pourvoyant pas les postes laissés vacants à la suite des départs à la retraite. Les résultats de cette orientation sont désastreux : les biens livrables sont rarement livrés à temps et il arrive même qu’ils ne soient pas livrés du tout, ils coûtent les yeux de la tête, ils sont souvent incomplets et leur mise en service requiert la plupart du temps des corrections et des changements importants qui doivent être conçus et réalisés par le personnel gouvernemental.
Un tel gaspillage doit prendre fin. Confier la réalisation des projets informatiques à l’externe est une véritable aberration puisque les services gouvernementaux peuvent faire ce travail à l’interne. Ils emploient des analystes, des chargés de projet, des programmeurs et des techniciens qui, avec de la formation d’appoint, des équipes en nombre suffisant et l’équipement nécessaire, pourraient effectuer un meilleur travail pour beaucoup moins cher. Rappelons qu’une personne provenant d’une firme privée coûte en moyenne plus de 750 $ par jour, alors qu’une professionnelle ou un professionnel embauché directement par le gouvernement coûte près de 60 % de moins. « À nos yeux, une des missions fondamentales du gouvernement est d’offrir les services publics au meilleur coût. Ce n’est pas ce qu’il fait actuellement. Globalement, ce sont des dizaines de millions de dollars, peut-être des centaines, qui sont ainsi gaspillés », poursuit Gilles Dussault.
Le 12 février dernier, à l’occasion d’une rencontre avec la présidente du Conseil du trésor, Mme Monique Gagnon-Tremblay, le président du SPGQ a fait état de ce problème et a proposé à la présidente de considérer les propositions d’affaires que pourrait lui faire son propre personnel pour mettre fin aux coûts astronomiques de la sous-traitance en informatique. « Mme Gagnon-Tremblay n’a pas encore répondu à cette proposition. Il est plus que temps d’aborder cette question, une question d’expertise, de finances et d’intérêt public. Il est temps de revaloriser l’expertise de la fonction publique du Québec », conclut le président du SPGQ.
Le SPGQ est le plus grand syndicat de professionnelles et professionnels du Québec. Il représente environ 20 000 personnes, dont près de 18 000 de la fonction publique et plus de 2000 provenant des sociétés d’État, des réseaux de l’éducation et de la santé du Québec, rattachées à 37 unités de négociation.
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Renseignements : Patrick Albert, troisième vice-président, 418 570-5817.