Budget 2009-2010 : Le sabotage de la fonction publique s'accentue!
2009-03-19
Québec, 19 mars 2009 – C’est en période de crise économique que les services publics prennent toute leur importance, en offrant aux personnes dans le besoin le soutien nécessaire pour passer à travers les durs moments. Or, le budget 2009-2010 ne fait rien pour permettre à la fonction publique de faire face à la demande accrue de services de la part de la population. « Au contraire, le gouvernement continue de réduire les effectifs de la fonction publique québécoise, se privant ainsi de la main-d’œuvre et de l’expertise nécessaires pour traverser cette période trouble », remarque le président du SPGQ, monsieur Gilles Dussault.
Alors que croît la demande de services publics, le gouvernement maintient sa politique de non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux. L’analyse des dépenses projetées démontre que les effectifs vont chuter de 5 000 postes au cours des trois prochaines années. L’impact sur les services à la population sera majeur. « Avec des coupures d’une telle ampleur, on voit mal comment le gouvernement entend bâtir des partenariats avec les syndicats, comme le propose la présidente du Conseil du Trésor, Monique Gagnon Tremblay, dans son message d’introduction au budget des dépenses », s’indigne M. Dussault.
Ces suppressions de postes ont souvent pour effet de vider de leur sens les énoncés de la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget. À titre d’exemple, la ministre annonce qu’elle va intensifier la lutte contre l’évasion fiscale, mais les effectifs du ministère du Revenu vont diminuer de 172 personnes en 2009-2010 !
Il faut aussi rappeler que le gouvernement du Québec fait face à de graves problèmes d’attraction et de rétention de main-d’œuvre. Or, le budget est muet quant à l’implantation de mesures qui pourraient contribuer à résoudre ces problèmes. En effet, rien n’indique que le gouvernement mettra fin à sa politique de non-reconnaissance de la scolarité et de l’expérience pertinentes aux fins de classement et de rémunération lors de l’embauche, ce qui fait qu’il est de plus en plus difficile d’attirer des personnes pour remplacer celles qui partent.
Aussi, aucune somme n’est affectée à la transmission de l’expertise des personnes qui partent vers celles qui arrivent, ce qui constitue un gaspillage à grande échelle du savoir-faire propre au personnel de la fonction publique. Si on y ajoute le retard salarial important des employées et employés des services publics par rapport aux autres salariés québécois et le fait que les fardeaux de tâches s’alourdissent sans cesse, on ne peut que constater l’insouciance du gouvernement face aux problèmes qui affligent les services rendus par la fonction publique. C’est de bien mauvais augure pour l’avenir.
Par ailleurs, alors qu’on croyait que le rapport du Groupe de travail sur la tarification des services publics avait été écarté, voilà que la ministre s’en inspire de façon éhontée. Résultat : la vaste majorité des Québécoises et Québécois paieront plus cher pour des services publics qui continueront de s’amenuiser.
« En réponse à la crise économique, le gouvernement n’a pas trouvé mieux que d’accentuer la crise dans laquelle il a plongé la fonction publique depuis cinq ans. Le sabotage de la fonction publique est tout à fait contraire aux intérêts de la population et le poursuivre en période de crise est carrément scandaleux », conclut Gilles Dussault.
Le SPGQ est le plus grand syndicat de professionnelles et professionnels du Québec. Il représente environ 20 000 personnes, dont plus de 17 000 de la fonction publique et plus de 2000 provenant des sociétés d’État, des réseaux de l’éducation et de la santé du Québec, rattachées à 37 unités de négociation.
- 30 -
Renseignements : Patrick Albert, 418-570-5817.